La myrtille, l'or bleu des monts du Forez

La cueillette des myrtilles sauvages est une vraie tradition locale sur les pentes du Livradois-Forez. L’entreprise ambertoise de William Trapon est au bout de la chaîne.

Samedi 1 er août à 7 heures. La cueillette des myrtilles sauvages dans le Puy-de-Dôme est officiellement ouverte. Pendant quelques semaines, plusieurs dizaines de tonnes de ce petit fruit rouge sortent du bois pour affoler les papilles des gourmands.

Les cueilleurs de myrtilles sauvages, plus petites que la myrtille des producteurs, sont encore nombreux dans les monts du Forez et du Livradois mais leur nombre décroît.

« Une tradition 
qui se perd peu à peu »

L'entreprise Trapon Champignons achète la myrtille sauvage brute à des particuliers ou ayants droit de la région.

« Les cueilleurs sont difficiles à quantifier, mais on a entre 100 et 150 locaux qui viennent nous revendre ce qu'ils ont ramassé manuellement aux peignes. Le gros boom se situe entre la dernière semaine de juillet et la 3 e d'août. Le premier jour de l'ouverture, ont nous a amené entre 4 et 5 tonnes », explique William Trapon, le gérant.

L'entreprise se charge ensuite de les souffler de manière semi-automatique, puis de les conditionner afin de les revendre aux confituriers, pâtissiers et grandes surfaces de la région.

Avec plusieurs dizaines de tonnes à l'année, la myrtille sauvage représente 5 à 10 % du chiffre d'affaires de l'entreprise selon les années. Mais, l'activité est en baisse.

« Il y a 40 ans mes parents recevaient entre 15 et 20 tonnes le jour de l'ouverture. Ce qu'on fait en une année, ils le faisaient en 8 jours. C'est une activité pénible et il n'y a plus beaucoup de jeunes. Ce sont le plus souvent des personnes à la retraite qui ont l'habitude. C'est une tradition qui se perd peu à peu », poursuit l'Ambertois.

La faute aussi à l'entretien des espaces où vivent les myrtilliers. « Ces espaces sont moins entretenus, les plants poussent plus haut et la densité des myrtilles est moindre. La désertification du territoire est une des causes également. Car, même s'il y a beaucoup d'activité l'été, ce ne sont pas les touristes qui vont aller cueillir les myrtilles ! Donc on n'est pas très serein pour le futur, vraisemblablement, ça va continuer de baisser », indique William Trapon.

Moins de myrtilles 
mais plus sucrées

Cette année les quantités sont aussi en baisse à cause du temps sec des dernières semaines. Mais le soleil a un avantage, il rend les fruits plus sucrés.

Une aubaine pour les habitués et les touristes de passage dans ce territoire où la myrtille est la reine de l'été. D'ailleurs, sa majesté attend tous les fidèles de sa robe bleutée aujourd'hui au col du Béal ( voir ci-dessous ).

« Cette fête est un excellent moyen de faire parler de la myrtille, ce produit local que nous partageons tous. Si seulement ça pouvait faire naître des vocations chez les jeunes ! », conclut William Trapon en souriant.

Rémi Pironin

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